Prise de Mushaki par les M23: nombreuses réactions de Nord-kivuciens expriment une déception

Rédaction Centrale
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La localité de Mushaki située à plus de 35 km à l’ouest de la ville de Goma capitale du Nord-Kivu est passé sous-contrôle des combattants du mouvement du 23 mars depuis vendredi 24 février 2023.

Dès lors, une psychose règne dans le chef des habitants des localités voisines suite aux combats qui se sont poursuivis ce samedi entre l’armée congolaise et les terroristes M23 aux alentours de cette cité stratégique. L’ennemi a comme nouvelle cible le carré minier de Rubaya.

Des nouveaux déplacements des populations sont répertoriés. Mais aussi la paralysie des activités socio-économiques n’est pas mise à l’écart.

Nombreuses réactions surgissent après la chute de Mushaki. La première est celle de la société civile du territoire Masisi qui exprime son mécontentement.

«L’occupation de Mushaki par les rebelles nous inquiète assez d’autant plus que l’ennemi se dirige vers d’autres collines du groupement Mufuni-Karuba. Les conséquences sont multiples malgré tous les efforts des chefs d’états de la sous-région demandant le cessez-le-feu et le retrait des M23. Les M23 au-lieu de respecter les décisions, ils poursuivent des attaques contre les positions des FARDC » s’indigne Télesphore Mitondeke rapporteur de la coordination territoriale de la société civile de Masisi.

Le mouvement citoyen Véranda Mutsanga Nord-Kivu, se joint au forces vives de Masisi. Son coordonnateur tacle le président de la République Démocratique du Congo.

«La chute de Kitshanga et Mushaki, entités très stratégiques de Masisi c’est la faute du président Félix Tshisekedi interdisant toujours aux FARDC d’attaquer les positions des rebelles au nom des accords et fallacieuses résolutions des sommets régionaux. Est-ce le respect des accords à l’aveuglette? naïveté ou complicité ?» s’interroge Patrick Ricky Paluku.

À la prise de Mushaki, la ville de Goma a été séparée du reste de la province du Nord-Kivu. La crise économique risque de frapper cette ville dite touristique de la RDC. D’abord avec l’inflation monétaire, un dollar américain jadis à 2000Fc, se négocie aujourd’hui à 2300Fc. En outre, le prix des denrées alimentaires et produits de première nécessité a fortement haussé.

Au regard de cette situation, des dignes fils du Nord-Kivu haussent leurs voix.

«Nous attendons du gouvernement Sama Lukonde des mesures fortes contre la misère dans la ville assiégée de Goma: subvention du carburant et des produits de première nécessité!» plaide Ernest Sengoma notable de Rutshuru et cadre politique au sein de l’AFDC de Bahati Lukwebo.

La voie de négociation avec les rebelles n’est pas épargné, telle est la proposition de Magloire Paluku ancien Directeur Général du Média Kivu 1 basé à Goma.

«Moi comme fils du Nord-kivu, je demande qu’on négocie avec le Rwanda et les congolais connus du M23. Notre orgueil, dans la faiblesse devant l’ennemi est une faute permanente. En négociant, on peut éloigner le ridicule danger et arriver à diviser les M23 », a posté ce journaliste sur son compte Twitter.

De leurs côtés, plusieurs ex-combattants des groupes armés ayant déposé les armes sont allés au bureau du PDDRCS-Goma ce vendredi 24 février 2023. Ils réclament leurs armes pour combattre les rebelles.

«Pas le moment de déposer les armes, la patrie est en danger, nous devons la sauver» a déclaré l’un d’eux.

Précisons que le gouvernement de Kinshasa a plus d’une fois rejeté l’option de négocier avec le M23 qualifié d’un mouvement terroristes à la suite de crimes que ces combattants ne cessent de commettre sur le territoire congolais

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