Le 10 Décembre, la situation des droits de l’homme toujours inquiétante en RD Congo

Rédaction Centrale
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Photo crédit, CICR

De la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948

Le 10 décembre marque une date historique pour la promotion et la protection des droits de l’Homme à travers le monde. En effet, le 10 décembre 1948 à Paris (France), l’Assemblée Générale des Nations-Unies adopte le texte relatif à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH).

Composé de 30 articles, cet instrument juridique de portée internationale inspire jusqu’à ce jour, l’élaboration d’autres textes pertinents en matière de promotion et de protection des droits de l’Homme (le cas du récent accord de Dublin signé le 18 novembre 2022) dans le monde.

La DUDH ainsi que les autres instruments juridiques internationaux (dont le Droit International Humanitaire, le Droit International des Réfugiés, le Droit International des Personnes Handicapées, les Conventions de l’Organisation Internationale du Travail…) se font complétés par des textes juridiques internes en RDC, principalement la Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée par la loi n° 11/002 du 20 janvier 2011.

Ces différents instruments prônent la promotion et la protection des droits de l’Homme en toutes circonstances. Malheureusement, la situation des Droits de l’Homme en RDC demeure inquiétante et loin d’assurer l’application de ces différents instruments juridiques dont la DUDH.

L’état de lieux des droits de l’Homme en RDC

L’article 25 de la DUDH dispose que « la maternité et l’enfance ont droit à une protection, à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu’ils soient nés dans ou hors mariage jouissent d’une protection de la même manière. Il faut lutter contre les maladies chez l’enfant car il est un être vulnérable et défavorisé ».

Le constat est cependant malheureux en RDC, où les femmes et les enfants forment la catégorie des premières victimes des conflits et autres situations de violence, à côté des personnes handicapées. Parmi les manifestations de la violation massive des droits de l’Homme en RDC, nous pouvons citer :

  • Les massacres des populations civiles par des groupes armés (appuyés notamment par de pays étrangers comme le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi…, eux-mêmes soutenus par de grandes puissances comme les USA, la France …) ;
  • Les arrestations arbitraires (suivies des tortures et exécutions sommaires) perpétrées par des régimes autoritaires camouflées en démocratie ;
  • Les viols, violences, abus et exploitations sexuels contre les femmes, les hommes, les filles et les garçons ;
  • L’enrôlement des enfants dans les groupes armés ;
  • Le pillage des biens de la population, la destruction de ses champs et infrastructures, l’incendie de ses maisons et marchandises, etc. ;
  • L’interdiction manifeste et à des fins politiciennes, de l’exercice de la liberté d’expression et d’association ;
  • Le déplacement forcé des populations, en les privant notamment d’accéder à leurs champs et autres moyens de subsistance ;
  • La séparation des familles à la suite des conflits et catastrophes ;
  • Le traumatisme et la terreur ;
  • Le non accès aux services socio-économiques de base (la justice, l’eau, l’électricité, la santé, l’emploi, l’éducation, le loisir, etc.) ;
  • La discrimination à l’égard de la femme, des enfants, des personnes handicapées, des minorités ethniques et populations autochtones, etc.

Pour le respect des droits de l’Homme en RD

A ce jour, l’impunité des crimes demeure le grand obstacle au respect des droits de l’Homme en RDC. L’Etat de droit ainsi que d’autres discours demeurent théoriques et sans aucun impact.

Les bourreaux étant protégés par des régimes en place et des parrains internationaux, les cycles de violence ne font que se répéter, et les populations civiles continuent de souffrir de la violation de leurs droits.

Plusieurs enquêtes tant nationales qu’internationales ont été ouvertes mais sans être clôturées, et des bourreaux poursuivent leur aventure tout en restant même dans les institutions politiques du pays, et circulant librement à travers le monde. Avec cette situation, il est impossible de rêver le respect des droits de l’Homme en RDC.

Pendant que la perte d’une seule vie en occident préoccupe tous, celle des millions en RDC passe inaperçue pour tous, alors que « la vie humaine et sacrée », et qu’en vertu du Droit international, « tous les êtres naissent libres et égaux ». Pourtant, des auteurs de ces actes de violence sont bien connus et identifiés, mais jamais inquiétés de manière à empêcher de futures bavures.

Au cours de cette année, des déclarations ont été faites par des responsables de l’Assemblée nationale qui ont confirmé avoir connaissance des identités des politiciens qui nourrissent les conflits armés notamment à l’Est du pays.

Plusieurs rapports produits par des agences locales et internationales des droits de l’Homme expliquent les faits et donnent la lumière sur les auteurs mais aucune action concrète ne suit.

Environs 5 000 magistrats ont été recrutés à travers le pays il y a moins de deux moins maintenant, et des juridictions internes sont actives mais entachées de plusieurs irrégularités, notamment de la manipulation politicienne et du manque d’indépendance. Il est donc grand temps que le gouvernement de la RDC prenne conscience et considère la valeur de la vie et de la dignité humaine.

En vertu du Droit international en effet, il est de la responsabilité première d’un Etat, d’assurer la protection des personnes se trouvant sur son territoire national.

Par

CT Ibrahim Ngila
CT Ibrahim Ngila

Ibrahim Ngila Kikuni, Chef de Travaux au Département des Relations Internationales à l’Université Officielle de Bukavu (UOB), Doctorant en Politique Internationale de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) / RDC et acteur humanitaire actif dans la protection des personnes les plus vulnérables et des personnes handicapées.

Et

Ass Bakanga Ntwali Pacifique
Ass Bakanga Ntwali Pacifique

Pacifique Bakanga Ntuali, Assistant au Département des Relations Internationales à l’Université Officielle de Bukavu (UOB), Master en Droit International Public de l’Université Espoir d’Afrique/Burundi.

 

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