Pré-cantonnement des M23 à Rumangabo : les acteurs sociaux de Rutshuru s’aligne en faux contre cette décision des dirigeants des pays de l’EAC

Rédaction Centrale
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Les dirigeants des pays membres de l’East African Community (EAC) ont décidé que les rebelles du mouvement du 23 mars M23 seront pré-cantonnés au camp militaire de Rumangabo dans la province du Nord-Kivu. Cette décision a été prise au cours du 21ème sommet de l’EAC tenu le 31 mai 2023 à Bujumbura (Burundi).

Rumangabo n’est qu’un site de pré-cantonnement des éléments du M23. Cet ancien centre de brassage sous le Maréchal Mobutu Seseseko abrite une grande caserne de l’armée, mais ne servira que de transit aux surnommés «Lions de Sarambwe» pour rallier le site de cantonnement dans les environs de Kindu en province de Maniema.

Pour la société du groupement de Kisigari en territoire de Rutshuru, cette décision n’est pas salutaire pour les populations des villages avoisinant le camp militaire de Rumangabo. Gentil Karabuka son président dresse une expérience douloureuse et des mauvais souvenirs pour justifier sa position.

«Il n’y a pas très longtemps qu’on avait emmené à Rumangabo des blessés de guerre en provenance du camp Katindo mais la souffrance qu’a traversé la population est inexplicable. Nuit et jour, ces blessés volaient de l’argent, des téléphones, des produits agricoles, des bétails, etc. Après les blessés de guerre, Rumangabo est devenu le site de transit des rendus qui devaient adhérer au P-DDRCS mais nul n’ignore le misère qu’ont vécu les habitants de Kisigari jusqu’à ce qu’ils ont marché pour exiger sa délocalisation. Aujourd’hu c’est encore Rumangabo qui doit pré-cantonner les M23 et nous trouvons que la population de Kisigari est sacrifiée par ses dirigeants» a-t-il expliqué.

Le Conseil Territorial de la Jeunesse de Rutshuru se joint à ces forces vives pour s’opposer au pré-cantonnement des M23 à Rumangabo. D’après le Vice-président de cette structure juvénile, cantonner ces terroristes dans le territoire de Rutshuru c’est cracher sur la lutte que mènent les acteurs sociaux pour le rétablissement de la paix dans cette partie. Exprimant sa désolation, Justin Kambale Kaleghesere exige aux autorités congolaises de surseoir cette procédure.

«La jeunesse de Rutshuru a encore une mémoire fraiche pour se rappeler de toutes les douleurs que leur a causé les M23. Ça fait plus d’une année que nous crions haut et fort pour que la paix reviennent dans le territoire de Rutshuru mais aucune décision allant dans ce sens n’est entreprise. C’est pour nous une désolation et nous disons que la décision des dirigeants de l’EAC n’a pas plu à la population de Rutshuru. S’il est possible de revenir sur cette décision tant mieux» a-t-il déclaré.

Des critères de choix du camp militaire de Rumangabo comme base de pré-cantonnement des terroristes Rwandais du Mouvement du 23 mars

Au cours du 21ème sommet de l’EAC, les experts congolais ont écarté le cantonnement des rebelles du M23 dans la localité de Kitshanga situé dans le territoire de Masisi. Selon eux, la population locale est hostile à la présence du M23, soupçonné d’avoir commis beaucoup d’exactions dans la région. Quant aux autres lieux tels que Sabinyo et Runyoni, les experts ont estimé que les rebelles du M23 sont supposés habiter déjà ces localités. Donc, le seul site qui remplirait les conditions minimales d’accueil pour le pré-cantonnement est Rumangabo. Mais, le site de cantonnement au Maniema est toujours maintenu.

Les dirigeants régionaux ont également décidé du déploiement de l’équipe d’investigation dans les différents sites où il y aurait eu massacres. Ici, le ministre d’Etat congolais en charge de l’Intégration régionale a réussi à convaincre le Kenya et l’Ouganda que le M23 n’étant pas un Etat, il ne pouvait donc pas faire partie de l’équipe d’investigation.

« Il faut dire que, le M23 est un proxy, donc un supplétif du Rwanda. Si ce dernier est déjà dans l’EAC, derrière lui, le M23 est valablement déjà représenté. On n’a pas besoin de faire des doublons », a expliqué Mbusa Nyamwisi. Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo en compagnie des casques bleus onusiens et de la facilitation régionale veilleront à la réussite de toutes ces opérations. Clairement, Antipas Mbusa Nyamwisi voudrait donner un coup d’accélérateur au Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS). De même, le Président angolais Joao Lourenço a déjà garanti, urbi et orbi, à la démobilisation du M23. Aussi, la représentante de l’Union Africaine en RDC, Michelle Ndiaye a déjà fait part aux Ministre de l’intégration régionale de la disponibilité de l’UA d’aider Felix Tshisekedi pour la réussite du P-DDRCS.

La prorogation du mandat des forces régionales de l’EAC, une autre décision capitale prise lors de la 21ème réunion des pays membres de la Communauté de l’Afrique de l’Est

Outre le pré-cantonnement des hommes du Sultan Makenga dans le camp militaire de Rumangabo, le sommet de Bujumbura du 31 mais a aussi décidé de procéder à l’évaluation de la mission des troupes de l’EAC au 15 juin prochain, soit avant la fin de son mandat prévue le 8 septembre prochain. Les trois mois qui restent sur les six mois de prolongation permettront à la RDC de constater la bonne volonté du contingent à passer à l’offensive contre les groupes armés inclus le mouvement de Bertrand Bisimwa.

Au cours de cette rencontre, la délégation congolaise a haussé le ton et rappelé aux Etats membres que la mission de la force régionale était offensive. Dans le cadre de cette évaluation, la RDC va également étudier les modalités de reprise de contrôle sur l’espace occupé actuellement par cette force régionale.

Il faut souligner que le mandat de la force régionale est en prolongation depuis le 8 mars dernier. Celui-ci devrait prendre fin en juin, mais il a à nouveau était prolongé jusqu’au 8 septembre prochain.

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